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plateforme
"mineurs en exil" |
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I. Constats : situation des
mineurs non accompagnés en Belgique en quelques années, la problématique
des mineurs étrangers, arrivant en Belgique sans être
accompagnés par un représentant légal (parent
ou autre tuteur), est devenue réellement préoccupante.
Ce phénomène est loin d'être isolé puisque
la plupart des pays européens connaissent la même situation.
Rien que pour la Belgique, on considère quil y a entre
1000 et 2000 enfants non accompagnés qui arrivent en Belgique
chaque année. Un certain nombre dentre eux introduisent
une demande de reconnaissance de la qualité de réfugié
; dautres demandent une régularisation pour raisons humanitaires.
Dautres encore sont en transit vers un autre pays (Angleterre,
France, Allemagne,
) où ils espèrent pouvoir
rentrer, parfois pour y rejoindre un membre de leur famille qui y
réside.
Certes, la fuite constitue pour la plupart de ces jeunes (comme d'ailleurs
pour l'ensemble des réfugiés) un déracinement
et une déchirure, et provoque des blessures considérables.
Sans nul doute, ces jeunes ne choisiraient pas de tout quitter s'ils
disposaient de conditions d'existence convenables auprès de
leur famille.
En attendant, ces jeunes sont chez nous. Nous devons, c'est impératif,
leur accorder des conditions d'existence dignes et surtout ne pas
ajouter de tracasseries administratives, incertitude permanente, procédures
longues et complexes à la douleur de ce qu'ils ont déjà
enduré.
Notre système légal et administratif est encore toujours
très mal adapté à la situation de ces mineurs.
Les intervenants confrontés à ces jeunes sont encore
trop souvent réduits à faire du bricolage,
c'est-à-dire à trouver des solutions dans un cadre législatif
inadéquat.
En ce qui concerne le séjour, il n'y a que peu dalternative
à la demande d'asile. Faute d'autres perspectives et face au
risque d'être expulsé immédiatement, on comprend
que la plupart choisissent d'emblée la demande d'asile ou
la clandestinité.
Pour ceux qui ont formulé une demande d'asile, force est de
constater qu'ils sont traités de la même manière
que les adultes, même si lOffice des étrangers
et surtout le Commissariat général ont mis sur pied
chacun une cellule mineurs non accompagné.
L'Office des étrangers s'est donné des règles
spécifiques quant au recensement et au traitement des dossiers
des mineurs non accompagnés (note interne du 1er mars 2002).
Celles-ci prévoient de donner un titre de séjour provisoire
à ces enfants en attendant que l'on retrouve leur famille
dans le pays d'origine.
Un des problèmes les plus préoccupants est labsence
de tuteur. Ces enfants ne sont donc pas représentés
légalement par un adulte dans toutes les procédures
quils sont amenés à suivre. Le 24 décembre
2002, une loi créant un service des tutelles pour les mineurs
non accompagnés a été adoptée. Elle ne
rentrera en vigueur quà une date fixée par arrêté
royal qui na pas encore été pris.
Dans dautres matières, les choses ne sont pas simples
non plus : en ce qui concerne le droit à laide sociale,
lhébergement dans des structures adaptées, la
recherche de la famille (tracing), laccès à lenseignement
(bien que les communautés aient mis en place des classes passerelles
pour "primo-arrivants"),
Malgré des engagements répétés et des
recommandations nombreuses de diverses instances nationales et internationales,
la Belgique continue à priver des enfants de liberté
pour cause dimmigration. Ils peuvent y rester plusieurs mois ;
il sagit dendroits qui ne sont pas adaptés pour
les enfants où peu est fait en matière de loisirs et
rien en matière denseignement.
On le voit, la matière est vaste mais les enjeux fondamentaux,
parmi lesquels la capacité de notre société de
faire face à ses engagements internationaux.
| II. Objectifs de la
plate-forme |
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face à ce tableau et à
un certain manque de volonté politique ces dernières
un certain nombre d'associations ont constitué en juin 1999
la plate forme mineurs en exil qui s'est donné trois
objectifs majeurs :
| - |
échanger des informations sur les interventions
respectives de chaque association en vue de tenter de décloisonner
la prise en charge de ces mineurs; |
| - |
améliorer cette prise en charge aujourd'hui,
dans l'état actuel de la législation; |
| - |
formuler des propositions de modifications de
la législation, des règles administratives et
des procédures; |
Le premier objectif est poursuivi par l'organisation de réunions
régulières d'échanges d'information et par la
publication d'une lettre d'information bimestrielle diffusée
gratuitement. Depuis juin 2003, une courte lettre dinformation
électronique est diffusée à un rythme plus fréquent.
L'amélioration des pratiques devrait découler du fait
qu'un plus grand nombre d'associations savent qui fait quoi et quelles
sont les services ou personnes ressources.
Le troisième objectif passe par l'analyse et la critique des
règlements et propositions de modification de lois.
Parmi les principales revendications, pointons les suivantes :
| - |
Il faut absolument mettre un terme à
lenfermement des enfants dans des centres fermés ; |
| - |
Tous les enfants doivent avoir accès
au territoire belge dès leur arrivée et le temps
nécessaire à la recherche dune solution
à long terme qui corresponde réellement à
leur intérêt ; |
| - |
Il faut désigner un tuteur à chaque
enfant qui rentre en Belgique sans être accompagné
de ses parents ; le tuteur a pour mission de le protéger,
de lassister dans toutes les démarches, de veiller
à ce quil puisse être accueilli dans des
conditions adéquates, quil puisse bénéficier
des soins dont il a besoin et quil puisse aller à
lécole. |
| - |
Tout enfant doit être assisté par
un avocat spécialisé qui puisse être présent
à tous les stades de la procédure (de la demande
dasile aux demandes de régularisation de séjour). |
A Namur, une plate-forme de travail à propos des mineurs étrangers
non accompagnés a également été initiée
en 2002 par la section prévention générale du
Service dAide à la Jeunesse de Namur et le Service Droit
des Jeunes de Namur.
Elle regroupe plusieurs associations travaillant dans ce domaine
ainsi que des avocats. Elle est née du souhait dun grand nombre
de pouvoir partager leurs expériences et connaissances mais
aussi dapprendre à mieux connaître les différents
intervenants confrontés à cette problématique.
Ses objectifs premiers sont donc dapprofondir les connaissances,
déchanger les expériences et de créer des
synergies afin daméliorer le travail sur le terrain.
Une liste davocats volontaires a été constituée
et une formation spécifique a été organisée
à leur attention.
| III. Réalisation
de la plate-forme et résultats obtenus |
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depuis sa création en juin 1999,
la plate forme a déjà de nombreuses réalisations
à son actif.
Elle a organisé à peu près tous les six mois,
une réunion plénière, auxquelles
ont été conviées toutes les instances concernées
par la question des mineurs non accompagnés et lors desquelles
ont été abordées les principales questions relatives
aux mineurs non accompagnés.
La plate-forme a organisé, en février 2000, un séminaire
de deux jours destiné à élaborer un véritable
statut pour ces enfants. A la suite de ce séminaire, des recommandations
ont été formulées aux différents gouvernements
compétents pour les mettre en uvre.
Suite à ce séminaire, la plate-forme a été
invitée à participer aux groupes de travail de la task
force mise en place par le Ministre Duquesne (Intérieur)
à son entrée en fonction. Cette task force
avait pour ambition de trouver des solutions à tous les aspects
du problème : entrée, séjour, procédure,
tutelle, accueil, hébergement, scolarité et retour.
La montagne aura finalement laborieusement accouché dune
souris.
La plate-forme publie une lettre dinformation trimestrielle
bilingue ; pendant longtemps, elle a été diffusée
notamment par lintermédiaire du magasil ,
une publication réalisée par le Petit-Château.
Depuis la reprise de celle-ci par Fedasil et même sa disparition,
la lettre dinformation est essentiellement diffusée par
voie électronique à près de 800 exemplaires.
Depuis juin 2003, une courte lettre dinformation est diffusée
par voie électronique à un rythme plus fréquent.
Elle est destinée à diffuser plus rapidement des nouvelles
brèves, des informations utiles, des questions dactualité,
Mensuellement, le groupe de pilotage de la plate-forme
mineurs en exil se réunit pour assurer le suivi
des démarches, débattre des actions à entreprendre,
échanger des informations, vérifier ce que les propositions
qui sont formulées deviennent et pour préparer les réunions
plénières de la plate-forme.
La plate-forme diffuse régulièrement des communiqués
de presse, organise des conférences de presse et a été
régulièrement consultée par les Ministres et
leurs attachés, les parlements,
pour exposer son point
de vue, émettre un avis sur des projets en cours délaboration,
Sans fausse modestie, on peut affirmer que la plate-forme a grandement
contribué à ladoption de la loi sur la tutelle
des mineurs non accompagnés (dite loi Tabita) en
exerçant une vigilance constante et en rappelant les promesses
ministérielles. Le contenu de cette loi est dailleurs
proche des recommandations formulées par la plate-forme depuis
plusieurs années.
Certes, lémotion provoquée dans lopinion
publique par lexpulsion tout à fait scandaleuse de la
jeune Tabita (une jeune fille congolaise de 5 ans qui a été
renvoyée vers le Congo sans accompagnement et sans que personne
ne laccueille à son arrivée à Kinshasa,
ceci alors que sa maman lattendait au Canada !), a largement
contribué à ladoption dune solution plus
rapidement.
Cest également à la suite de cette affaire, quune
section davocats volontaires pour suivre les dossiers des mineurs
non accompagnés a été créée et
quun système dalerte chaque fois quun mineur
arrivait en centre fermé a été mis sur pied.
Enfin, la plate-forme a initié des actions en justice pour
tenter de régler des questions de principe. Cest ainsi
que des plaintes ont été introduites devant la Cour
européenne des droits de lHomme à la suite de
lexpulsion de mineurs ou de leur maintien en zone de transit
à laéroport (qui constituent à notre sens
des traitements inhumains ou dégradants). Une action en référé
a été introduite devant le Tribunal de première
instance de Bruxelles pour faire interdiction à lEtat
belge dexpulser les mineurs et mettre un terme à leur
enfermement. Les résultats de cette action sont attendus tout
prochainement.
| IV. Documents de référence |
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voici les comptes-rendus des
réunions plénières de la plate-forme, les
lettres dinformation qui sont déjà parues, les
articles rédigés par un membre de la plate-forme, les
prises de position et les communiqués de presse.
Remarque : figureront ici les documents qui devront pouvoir être
ajoutés au fur et à mesure.
| V. Contacts : pour en
savoir plus |
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La plate-forme mineur étranger non accompagné
de Bruxelles :
c/o Service Droit des jeunes, Benoît Van Keirsbilck
Rue Marché aux Poulets 30 à 1000 Bruxelles, 02/209.61.61
La plate-forme mineur étranger non accompagné
de Namur :
c/o Service Droit des jeunes, Sophie Hubert
Impasse des Capucins, 2/2 à 5000 Namur, 081/22.89.11
Service dAide à la Jeunesse, Section
prévention générale
Place Monseigneur Heylen, n°4 à 5000 Namur, 081/23.75.75
(n°général)
Sandrine Bolette (Prévention générale) : 081/237.581
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